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ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

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ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Alexandre Trudel le Dim 12 Mar 2017 - 22:16


Alexandre Trudel

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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Ludwig Desjardins le Dim 12 Mar 2017 - 23:24

"Les goûts ne se discutent pas et, de toute façon, on a tous des goûts différents."

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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Alexandre Trudel le Dim 12 Mar 2017 - 23:34

Ludwig Desjardins a écrit:"Les goûts ne se discutent pas et, de toute façon, on a tous des goûts différents."

Quelque chose à rajouter? Tout est dit, arrêtons de discuter les amis! Rolling Eyes

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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Olivier Collin le Lun 13 Mar 2017 - 0:42

Merci Alexandre pour ce lien...

En fait, le problème majeur que je vois dans ce propos, c'est qu'il remet totalement en cause l'idée de l'expert en vin. Outre le côté tout à fait bon enfant voulant que l'on ne peut formellement pas savoir si sa propre expérience est plus proche d'une réalité (laquelle? celle du vin élaboré... ou celle de sa réception?) que celle d'un autre dégustateur, l'article semble aussi suggérer - et c'est assez épouvantable! - qu'un expert en vin pourrait potentiellement recommander des produits pitoyables ("vins commerciaux, sucrés, peu acides et bourrés­­ de copeaux de bois") soit disant parce que "c'est une excellente façon faire ses premiers pas en vin". Ceci est en contradiction directe avec son idéal fort louable "Bref, on essaie de filtrer la crème et de vous dénicher les meilleurs flacons en vente sur les tablettes du monopole. C’est ma job depuis 15 ans de trouver de bonnes fioles à bon prix pour les Québécois, et ce, de façon impartiale et indépendante."

Tout en sachant que chaque expert en vin a ses propres goûts - que l'on découvre de toutes façons assez rapidement lorsqu'on le suit - il me parait inconcevable qu'un individu ait pu avoir une carrière de plus de 15 ans en pensant vraiment mettre en valeur des trésors vinicoles sans pour autant avoir eu une approche vraiment critique face au vin. Mais bon, on sait bien que Monsieur Jourdain faisait naguère de la prose sans le savoir...

Le fait de systématiquement cacher les vins que l'on n'aime pas revient à mon très humble avis à avouer que l'on est plus intéressé par l'octroi d'échantillons gratuits ou, plus généralement,  par une carrière dans le monde vinicole que par le partage réel d'un passion avec des amateurs. C'est une erreur fondamentale, qui travestit complètement le lien qu'un individu peut avoir au vin et au travail du vigneron.

La seule chose que je puis suggérer à cette personne est d'arrêter d'écrire ce genre de baliverne et soit se concentrer sur le vin comme tel, soit se concentrer sur sa carrière dans l'industrie de la promotion des boissons alcoolisées...
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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Alexandre Trudel le Lun 13 Mar 2017 - 9:46

Olivier Collin a écrit:
Le fait de systématiquement cacher les vins que l'on n'aime pas revient à mon très humble avis à avouer que l'on est plus intéressé par l'octroi d'échantillons gratuits ou, plus généralement,  par une carrière dans le monde vinicole que par le partage réel d'un passion avec des amateurs. C'est une erreur fondamentale, qui travestit complètement le lien qu'un individu peut avoir au vin et au travail du vigneron.

Bien d'accord.

"Les goûts ne se discutent pas et, de toute façon, on a tous des goûts différents." Wow, quelle logique! Mais cette affirmation ne vaut-elle pas dans les 2 sens? Alors pourquoi parler uniquement de ses "coups de cœur", sauf si notre métier est uniquement lié à la promotion/publicité? Pourquoi pousser la vente de bons vins, mais ne rien faire pour éviter au public de se "faire avoir" par les mauvais? Très malhonnête selon moi (au moins l'auteur ne cache pas sa position: je suis étonné qu'il l'affiche avec fierté cependant). S'il n'est pas un critique comme il le mentionne lui-même, j'aimerais voir au-dessus de ses articles la mention "contenu promotionnel", dans la mesure où il occupe une fonction qui n'est pas indépendante du tout du milieu de la vente du vin au Québec: ses intérêts sont intimement liés à la promotion des produits que lui envoient gratuitement les agences (sans parler de plusieurs avantages connexes qu'il reçoit). Parker s'est justement fait connaitre en faisant la promotion de son indépendance absolue, et cela a son mérite. L'auteur affirme ici sans gêne qu'il ne veut pas mordre la main qui le nourrit. Est-il possible de trouver des opinions impartiales sur le vin dans les médias au Québec?

Alexandre Trudel

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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Michelle Champagne le Lun 13 Mar 2017 - 10:57

Très belle analyse Olivier comme toujours! Cependant, comme il le mentionne: il n'est pas un critique de vins, il est un chroniqueur de vins. De mon côté, je ne suis pas outrée, je respecte son approche. Je ne fais pas partie de son public cible mais je le croise régulièrement sur les médias sociaux et ses suggestions sont très respectables pour des vins à petits prix.

Cela dit, pourriez-vous me nommer, un critique de vins au Québec qui travaille dans les médias: radios, télévisions ou journaux? Sur le net, c'est un peu la même chose, mise à part, Marc-André Gagnon qui n'hésite pas à critiquer et une mention spéciale à Marc Chapleau qui malgré son statut plus médiatique ne fait pas dans le "glamour". J'ai peu d'expérience avec les médias sociaux et au début, je confrontais tous les chroniqueurs mais j'ai vite compris "la game": ils ne font que de la promotion, ils ne sont pas là pour échanger sauf, si tu flattes leurs égos.....sur Twitter: "au royaume des aveugles, le borgne est roi". Des suggestions à prendre avec modération....
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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Patrick Ayotte le Lun 13 Mar 2017 - 11:32

Je ne sais pas si c'est parce que j'ai l'impression d'être assis entre deux chaises, mais j'ai un opinion qui diffère légèrement...

Je comprends le désir de publier les coups de cœurs et d'éviter de parler des vins sans intérêt. Dire que les goûts sont dans la nature et non discutables voire non questionnables ça je ne suis pas sûr. J'aime par contre la transparence, afin justement de mettre en lumière si le produit est un échantillon ou pas. La question pourrait être la mise en contexte... ces vins sont tirés d'une sélection faite sur combien de bouteilles? Y a-t-il une norme de produits recommandés vs le nombre de vins goûtés? Où est l'obligation de parler de mauvais vins si l'on goûte des centaines de produits par mois et que de ce nombre, il y a seulement de la place pour recommander que quelques-uns d'entre eux?

Avec le blogue, j'ai commencé à recevoir des échantillons. Je goûte presque tout, mais je ne parle pas de tout. Pourquoi? Parce que ça prendrait trop de temps tout commenter. Je bois majoritairement des vins que je paie moi-même, des vins qui me passionne et pour lesquels j'ai le goût de partager mes impressions. C'est pour ça que je ne mets que très rarement des CRs de vins reçus comme échantillons ici. Par contre, j'indique toujours sur le blogue si le vin a été reçu ou payé, car c'est la base de la transparence. Les notes ne sont pas meilleures si le vin est gratuit vs payé de ma poche. Aurais-je peur de perdre ces échantillons si je faisais une mauvaise critique? Non, car je n'en ai pas besoin pour vivre, car le vin n'est pas mon métier. C'est une question d'intérêt c'est tout...
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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Yves Martineau le Lun 13 Mar 2017 - 11:34

Alexandre Trudel a écrit:
 Parker s'est justement fait connaitre en faisant la promotion de son indépendance absolue, et cela a son mérite. L'auteur affirme ici sans gêne qu'il ne veut pas mordre la main qui le nourrit. Est-il possible de trouver des opinions impartiales sur le vin dans les médias au Québec?

Tu as raison quant à l'une des raisons du succès de Parker, qui n'hésitait pas à déboulonner les mythes. Au Québec, Michel Phaneuf le faisait aussi et il s'est bâti le succès que l'on sait.

Le problème est que dans un journal, les gens veulent savoir essentiellement quoi acheter pour leur souper du samedi suivant, donc la critique négative ne doit pas être très populaire auprès des non-geeks, dont beaucoup auront même oublié le nom du vin qu'ils ont aimé un mois auparavant. Ces chroniqueurs ont un rôle limité, utilitaire, ils ne vivent pas des ventes d'un guide indépendant, d'où le grand risque de conflit d'intérêts et le peu de volonté de vraiment critiquer.
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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Ludwig Desjardins le Lun 13 Mar 2017 - 12:53

Il y a aussi un risque: critiquer très négativement les vins que la grande majorité des consommateurs préfèrent!

Imaginez une critique très négative et bien méritée sur le Liano, un vin insipide mais que beaucoup de gens achètent pour se "payer la traite" ou impressionner les convives.

Les chroniqueurs veulent plaire aux agents mais ils s'efforcent également de ne pas paraître "snob" aux yeux de leurs lecteurs, on est au Quebec apres tout... Ensuite la plupart ne boiront pas à la maison ce qu'ils jugent comme un super bon rapport qualité-prix dans leur chronique.

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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Michelle Champagne le Lun 13 Mar 2017 - 13:18

J'aime beaucoup Michel Phaneuf mais je crois, sauf erreur, qu'il ne dégustait pas à l'aveugle contrairement à Parker. Ce qui ne lui enlève pas ses qualités de dégustateur mais je sais que cela était un irritant pour certaines personnes.

Le problème, aujourd'hui, c'est lorsque le chroniqueur se transforme en outils promotionnel. Je suis d'accord que leur mandat est de transmettre leurs coups de coeur mais souvent le jupon dépasse...tout à coup, le vin que nous devons acheter le samedi soir est le même pour tous! Il est nul autre que le reflet d'une dégustation collective organisée par la SAQ ou par une agence. C'est à ce moment que je décroche de ce type de coups de coeur programmés....
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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Patrick Ayotte le Lun 13 Mar 2017 - 13:24

Michelle Champagne a écrit:Le problème, aujourd'hui, c'est lorsque le chroniqueur se transforme en outils promotionnel. Je suis d'accord que leur mandat est de transmettre leurs coups de coeur mais souvent le jupon dépasse...tout à coup, le vin que nous devons acheter le samedi soir est le même pour tous! Il est nul autre que le reflet d'une dégustation collective organisée par la SAQ ou par une agence. C'est à ce moment que je décroche de ce type de coups de coeur programmés....

Tournée média par les agences / distribution simultanée d'échantillons en effet...
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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Jonathan Ménard le Lun 13 Mar 2017 - 13:38

Intérressant topic.

La seule chose que je puis suggérer à cette personne est d'arrêter d'écrire ce genre de baliverne et soit se concentrer sur le vin comme tel, soit se concentrer sur sa carrière dans l'industrie de la promotion des boissons alcoolisées...

Olivier, corrige-moi si je me trompe mais s'il se concentre sur sa carrière dans l'industrie... Continuer d'écrire ''ce genre de baliverne'' est une bonne chose, non ? ;-)
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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Stéphanie Chénier le Lun 13 Mar 2017 - 14:33

Je comprends qu'il est délicat de parler négativement d'un vin.  Par contre, un consommateur qui sort son portefeuille pour se payer une belle bouteille (peu importe son budget) n'a-t-il pas le droit de savoir que tel vin est jugé ordinaire voire même mauvais par plusieurs?  Que tel vin présente un risque élevé d'oxydation prématurée?  Et encore plus si cette personne considère acheter plusieurs bouteilles pour la garde.  Je pense qu'il est utile de le faire, et que c'est la responsabilité d'un "chroniqueur" ou "critique" (peu importe le titre qu'il décide d'adopter), mais que ça peut être fait de façon respectueuse pour le travail du vigneron.
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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Jonathan Ménard le Lun 13 Mar 2017 - 16:22

Stéphanie Chénier a écrit:Je comprends qu'il est délicat de parler négativement d'un vin.  Par contre, un consommateur qui sort son portefeuille pour se payer une belle bouteille (peu importe son budget) n'a-t-il pas le droit de savoir que tel vin est jugé ordinaire voire même mauvais par plusieurs?  Que tel vin présente un risque élevé d'oxydation prématurée?  Et encore plus si cette personne considère acheter plusieurs bouteilles pour la garde.  Je pense qu'il est utile de le faire, et que c'est la responsabilité d'un "chroniqueur" ou "critique" (peu importe le titre qu'il décide d'adopter), mais que ça peut être fait de façon respectueuse pour le travail du vigneron.

1. Ça n'intéresse pas monsieur-madame-tout-le-monde de savoir ce qui est médiocre, surtout pour quelque chose de fondamentalement subjectif (donc sans ''preuve'').

2. D'un point de vue médiatique, ce n'est pas intéressant du tout. Sauf dans des cas extrêmes, où le sensationnalisme joue un rôle, et/ou la santé publique entre en ligne de compte. Je pense à l'exemple des restos/épiceries qui se font fermer à répétition pour insalubrité.

3. La responsabilité d'un chroniqueur ou d'un critique c'est, dans l'absolu, de faire un travail qui plait à son employeur. Ça passe par la mission d'acquérir un lectorat volumineux et fidèle, autant que possible.
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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Jonathan Ménard le Lun 13 Mar 2017 - 16:53

Il y a énormément de facettes à ce sujet, nous pourrions développer sur des dizaines de pages, mais à mon avis il y a des points très précis qu'il ne faut pas perdre de vue:

.: Nous sommes dans le domaine du subjectif. Par définition, il n'y a même pas l'ombre d'une réponse absolue. Au mieux, une réponse statistique que seul un test à l'aveugle à grande échelle pourrait apporter, sur un échantillon forcément limité de produits testés. Bref, personne n'aura raison ou n'aura tort.

.: Le métier de critique, oeuvrant dans n'importe quel domaine où l'appréciation du produit/service est 100% subjective, passe un sale quart d'heure. Il n'y a pourtant pas si longtemps, son avis était considéré comme étant à la fois crédible et intéressant. Maintenant, à l'ère Facebook, Twitter, blogues et forums... Son avis est facilement relégué au rang d'opinion glorifié -dans les meilleurs cas- voire même d'artificiellement-rendu-visible-par-de-douteux-conglomérats-médiatiques-à-la-solde-des-corporations-crapuleuses, dans les pires cas... Bref, la critique professionnelle en général a moins de valeur qu'avant l'apparition des réseaux sociaux. Le domaine du vin, le cinéma, la musique, la littérature, les hobby de niche tel que l'audiophilie, etc... Rien n'y échappe.

.: Peu importe l'individu, un critique pro ou un chroniqueur, il sera toujours victime d'un décalage entre son niveau d'expertise et celui de son lectorat (lire: sa clientèle). Ici-même, sur ce forum, il y a clairement une barrière à l'entrée. Le néophyte n'est pas bienvenu. Non pas qu'il est refusé à la barrière, mais il sait très bien après seulement quelques minutes de lecture que c'est un forum de calibre ''expert'' et que passer plus de temps à lire qu'à participer est probablement sa meilleure option. Élitisme, snobisme ? Non. Juste un décalage naturel entre n'importe qui de niveau 99 et celui de niveau 1. Aucun des deux n'a réellement quelque chose à apporter à l'autre, c'est la froide réalité. L'écrasante majorité des critiques/chroniqueurs de vins que j'observe, tente, avec un enthousiasme que je devine variable, de parler de vins dont le prix oscille entre 12 piasses et 19,95$... Parce que les stats démontrent que c'est le sweet spot d'intérêt dans la population Québécoise. C'est assez facile à deviner qu'ils s'auto-modèrent, non sans une certaine difficulté, pour éviter de parler des produits qu'ils adorent, de manière véritablement personnelle.
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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Stéphanie Chénier le Lun 13 Mar 2017 - 20:05

Jonathan Ménard a écrit:Il y a énormément de facettes à ce sujet, nous pourrions développer sur des dizaines de pages, mais à mon avis il y a des points très précis qu'il ne faut pas perdre de vue:

.: Nous sommes dans le domaine du subjectif. Par définition, il n'y a même pas l'ombre d'une réponse absolue. Au mieux, une réponse statistique que seul un test à l'aveugle à grande échelle pourrait apporter, sur un échantillon forcément limité de produits testés. Bref, personne n'aura raison ou n'aura tort.

.: Le métier de critique, oeuvrant dans n'importe quel domaine où l'appréciation du produit/service est 100% subjective, passe un sale quart d'heure. Il n'y a pourtant pas si longtemps, son avis était considéré comme étant à la fois crédible et intéressant. Maintenant, à l'ère Facebook, Twitter, blogues et forums... Son avis est facilement relégué au rang d'opinion glorifié -dans les meilleurs cas- voire même d'artificiellement-rendu-visible-par-de-douteux-conglomérats-médiatiques-à-la-solde-des-corporations-crapuleuses, dans les pires cas... Bref, la critique professionnelle en général a moins de valeur qu'avant l'apparition des réseaux sociaux. Le domaine du vin, le cinéma, la musique, la littérature, les hobby de niche tel que l'audiophilie, etc... Rien n'y échappe.

.: Peu importe l'individu, un critique pro ou un chroniqueur, il sera toujours victime d'un décalage entre son niveau d'expertise et celui de son lectorat (lire: sa clientèle). Ici-même, sur ce forum, il y a clairement une barrière à l'entrée. Le néophyte n'est pas bienvenu. Non pas qu'il est refusé à la barrière, mais il sait très bien après seulement quelques minutes de lecture que c'est un forum de calibre ''expert'' et que passer plus de temps à lire qu'à participer est probablement sa meilleure option. Élitisme, snobisme ? Non. Juste un décalage naturel entre n'importe qui de niveau 99 et celui de niveau 1. Aucun des deux n'a réellement quelque chose à apporter à l'autre, c'est la froide réalité. L'écrasante majorité des critiques/chroniqueurs de vins que j'observe, tente, avec un enthousiasme que je devine variable, de parler de vins dont le prix oscille entre 12 piasses et 19,95$... Parce que les stats démontrent que c'est le sweet spot d'intérêt dans la population Québécoise. C'est assez facile à deviner qu'ils s'auto-modèrent, non sans une certaine difficulté, pour éviter de parler des produits qu'ils adorent, de manière véritablement personnelle.

Je ne t'ai jamais rencontré Jonathan - est-ce que tu parles autant que tu écris?

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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Olivier Collin le Lun 13 Mar 2017 - 20:44

Michelle Champagne a écrit:Très belle analyse Olivier comme toujours! Cependant, comme il le mentionne: il n'est pas un critique de vins, il est un chroniqueur de vins. De mon côté, je ne suis pas outrée, je respecte son approche. Je ne fais pas partie de son public cible mais je le croise régulièrement sur les médias sociaux et ses suggestions sont très respectables pour des vins à petits prix.

Si tu relis attentivement mon message initial, Michelle, tu verras que je ne fais pas référence à "critique" versus "chroniqueur" vin. Je te pose la quetion: est-ce qu'un chroniqueur vin ne devrait pas un peu être expert en vin? Si oui, alors tout ce que j'ai écrit s'applique 100% à ce Monsieur. Si non, on peut se poser la question de l'utilité réelle d'un "chroniqueur vin".

Par ailleurs, le fait qu'il soit difficile de vivre de la chronique vin sans être réellement pointilleux avec ce qu'il y a dans le verre n'est pas vraiment un sujet intéressant pour les nombreux individus passionnés qui se constituent à la fois une culture et une cave au fil des ans. Le fait que le mandat premier d'un média soit de vendre quelque chose (de la pub, des lecteurs dociles, etc) ne devrait pas vraiment nous concerner dans cette discussion.
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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Olivier Collin le Lun 13 Mar 2017 - 20:48

Patrick Ayotte a écrit:Je ne sais pas si c'est parce que j'ai l'impression d'être assis entre deux chaises, mais j'ai un opinion qui diffère légèrement...

D'accord Patrick, mais je me permets une question : la très, très vaste majorité de tes notes sont à 88, 89 ou 90 points. Est-ce à dire que de nombreux vins qui n'atteignent pas ce niveau ne se retrouvent pas sur le blogue? Ou alors est-ce simplement que pour toi la vaste majorité des vins se retrouvent dans ces 3 catégories (auquel cas, je suggèrerais d'abandonner une notation sur 100!)?

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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Alain Roy le Lun 13 Mar 2017 - 21:18

Si je peux me permettre Olivier, selon mes feelings "at large" quant à mes observations sur les notes sur le site (lire observations non-répertoriées rigoureusement), Patrick n'est pas le seul à avoir peu d'écart sur ses évaluations, toi y compris. Ceux qui notent sur 100, ça tourne pas mal entre 88 et 94 sauf exceptions, ce qui est mince comme écart considérant qu'il y a 100 notes possibles. Aussi, je sais que ton système de notation est rigoureux et complexe, mais j'ai été surpris que tu accordes 86/100 au Grand Clos de Villneuve, qui à mes yeux est une excellente note, alors que plusieurs dégustateurs ont considéré ce cru comme défectueux ! Question
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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Olivier Collin le Lun 13 Mar 2017 - 22:15

Il y a longtemps, Alain, que je ne me laisse plus influencer par ce qui se dit autour d'une table concernant une vin... Si tu te reportes au fil de la dégustation ligérienne, tu noteras que j'ai écrit concernant Le Grand Clos de Villeneuve re-dégusté le lendemain (pas la première bouteille, clairement défectueuse, mais bien la seconde):

"nettement meilleur que la veille, structuré et rappelle un vin de St-Emilion"

Je ne crois donc pas à une bouteille défectueuse. Plutôt à un vin élaboré de façon peut-être malhabile. A 86 point, le vin est une déception claire eut égard à son pédigrée et je lui ai certainement donné un petit bénéfice du doute sur la base que la quille venait d'être ouverte, contrairement à toutes les autres. Il perd de nombreux points au niveau aromatique et pour sa structure mal gérée. Mais dire que ce vin est tout simplement mauvais  me semble une erreur analytique.

Par ailleurs, si Patrick notait régulièrement entre 86 et 94 points, je ne me serait bien sûr jamais permis une telle observation... Tout le monde sait que ce n'est pas facile de noter avec un écart considérable à l'aveugle. A bouteille découverte, seul dans son salon, c'est plus discutable.
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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Patrick Ayotte le Mar 14 Mar 2017 - 7:09

Olivier Collin a écrit:
Patrick Ayotte a écrit:Je ne sais pas si c'est parce que j'ai l'impression d'être assis entre deux chaises, mais j'ai un opinion qui diffère légèrement...

D'accord Patrick, mais je me permets une question : la très, très vaste majorité de tes notes sont à 88, 89 ou 90 points. Est-ce à dire que de nombreux vins qui n'atteignent pas ce niveau ne se retrouvent pas sur le blogue? Ou alors est-ce simplement que pour toi la vaste majorité des vins se retrouvent dans ces 3 catégories (auquel cas, je suggèrerais d'abandonner une notation sur 100!)?


Pour être franc, il y a deux raisons qui expliquent les notes que je donnes:

1- Je bois depuis un certain temps des vins qui pourraient se classer dans une catégorie propice aux notes situées dans ce "range". Je suis beaucoup plus "raisonnable" côté budget, mais dernièrement, je suis tout de même allé de 87 à 91 Wink

2- L'apparition des notes suite à mes CRs vient d'une demande, autant de forums que de personnes qui lisent mon blogue, parce que pour eux, un bien+ vs un très bien voire excellent ne leur disait rien, méthode que pourtant je préfère, d'où mon utilisation de la double note selon une échelle que je me suis créé...

Et pour en revenir à la 2e partie de ton questionnement, oui si le vin est vraiment pas bon (lire n'atteint même pas ce range de notes), je ne publie pas dessus. J'ai dramatiquement réduit les publications sur mon site faute de temps. En publiant 2-3 fois semaine max, je dois être sélectif et je préfère parler de vin que j'ai aimé ou qui au minimum peuvent plaire sans tomber dans le spectre du vin sucré et hyper industriel. (2-3 notes est l'équivalent du nombre de CRs que je mets ici - je ne publies pas toujours les mêmes que sur LPEL qui elle voit mes notes être faites lorsque je bois le vin, mais comme je l'ai aussi mentionné, le forum n'est pas un endroit d'auto-promotion, je m’abstiens de venir écrire sur des vins reçus en échantillon)
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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Ludwig Desjardins le Mar 14 Mar 2017 - 9:47

Personnellement Patrick je ne verrais pas d'inconvénient à venir écrire ici sur un vin reçu en échantillon si c'est mentionné. Nous avons même un producteur qui vient parler de ses vins ici et un membre "proche" d'un agent d'importation donc je ne vois pas de conflit d'intérêt tant que c'est transparent et spécifiquement mentionné.

On voit tellement souvent sur les forums des gens reçus chaleureusement chez des producteurs et qui font ensuite des CR dythirambiques. On n'attend pas d'un membre de forum de pratiquer l'éthique journalistique, enfin pas moi.

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Re: ouf... l'indépendance journalistique à son meilleure

Message par Stéphane Hébert le Sam 18 Mar 2017 - 13:37

Salutations à toutes et tous.

Ça fait un bail que je suis intervenu sur un forum vin. Me suis délibérément retiré — enfin, presque, certains ici savent cet accident vélo/portière de voiture survenu en 2010 — du monde du vin depuis un bon moment déjà, je n'y voyais tout simplement plus d'attrait, d'intérêt, la passion brûlante de jadis a cédé place à une espèce d'indifférence à l'égard de la chose bachique. La vie la vie...

Mais je me sens interpellé par le présent sujet, je me permets donc ces quelques lignes...

Corrigez-moi si je me trompe, mais exception faite de l'ex-collègue Jacques Benoit dorénavant retraité, de Guénaël Revel, de M-A Gagnon (et de moi à l'époque), le journaliste vin — titre qui implique au minimum une formation universitaire en journalisme, et de l'expérience pertinente au sein de la profession — n'est pas légion au Québec.

Il y a certes quelques journalistes de carrière qui parlent vin en activité parallèle, et qui le font d'ailleurs très bien, me viennent en tête Mathieu Turbide et Frédéric Arnould. Mais ils sont d'abord et avant tout considérés comme chroniqueurs vin par l'industrie vitivinicole.

Contrairement aux journalistes — politique, économique, bachique, etc. — dont la profession est régie par un code de déontologie, les chroniqueuses et chroniqueurs vin québécois ne sont liés à aucun code d'éthique, seules intégrité et conscience les guident— et parfois, c'est une bien plate réalité, pression économique/rentabilité du média pour lequel ils oeuvrent.

Il me semble alors évident que lorsqu'une activité professionnelle tel le journalisme est ainsi encadrée, les risques de « dérapages » sont beaucoup moindres. J'admets par ailleurs n'avoir jamais eu de doutes sur l'intégrité/objectivité journalistique des Benoit, Revel et Gagnon, blancs comme neige ils sont à mes yeux.

Par contre, et tous en conviendront, être membre d'un ordre ou d'une association professionnels n'est d'aucune façon un antidote au faux pas — ni d'ailleurs au nivellement par le bas.

Le chroniqueur vin est-il moins objectif que le journaliste vin ?

Je n'ai aucun désir de lancer quelconque débat à ce sujet (la controverse, terminé pour moi !), et afin d'éviter de tomber dans la généralisation et/ou de jeter le bébé avec l'eau du bain, je résumerai donc à ceci : soyez attentifs à ce que vos chroniqueurs vin préférés vous recommandent, et tentez d'observer ici et là (les réseaux sociaux, quelle intarissable source d'informations !...) ce qu'ils achètent, ce qu'il boivent en privé, dans l'intimité, hors du contexte professionnel, et vous serez en mesure de juger par vous-même de leur objectivité.


Maintenant, à la question fort pertinente soulevée par Alain (Laliberté), « Est-ce que les critiques de vin devraient aussi commenter les vins à éviter ? », je partage avec vous mon expérience de 6 années comme journaliste vin.

Par souci d'intégrité envers moi-même, et d'honnêteté à l'égard de mon lectorat/auditoire, j'ai dès le début de ma carrière été tiraillé par cette question.

Comment puis-je le mieux servir mes lecteurs et auditeurs ?

Lorsque le média pour lequel on travaille — journal et radio à l'époque dans mon cas — nous accorde hebdomadairement un espace plutôt restreint — un ou deux feuillets, soit l'équivalent de 250/500 mots ou 1500/3000 caractères par article/chronique journal, ou 3 petites minutes en ondes le vendredi matin — on se doit de se demander ce qui sera le plus utile ET apprécié par le lecteur/auditeur.

Dois-je recommander un vin, ou commenter un vin à éviter (« à éviter », avec toute la subjectivité que cela implique) ?

Mes employeurs m'avaient donné carte blanche (condition sine qua non à mon embauche d'ailleurs), alors j'ai fait les deux. Et plus souvent l'un que l'autre.

Deux situations dont je me souviendrai longtemps :

a) article publié à la suite d'un séjour presse dans une région viticole européenne, dans lequel j'abordais « l'obscurantisme » très volontaire dont faisait preuve un réputé producteur à l'égard de la provenance des raisins utilisés dans la production de l'une de ses cuvées phares, très prisée par le consommateur québécois.

À peine quelques jours suivants la publication dudit article, coup d'fil de son importateur québécois, mécontent du « traitement » que j'avais accordé à son fournisseur, injuste et impertinent selon lui.

J'ai bien tenté d'expliquer, de justifier, j'ai demandé complément d'information, j'étais même disposé à publiquement me rétracter dans l'éventualité où l'on me prouvait que j'avais erré. En vain. Jamais plus je ne fus invité à une dégustation organisée par l'importateur, et l'interprofession, sous pression m'a-t-on dit du puissant producteur dont il était question au sein de mon article, jamais ne me réinvita à effectuer un autre séjour presse dans cette région;

b) autre article publié après un séjour presse dans une région viticole française, au sein duquel je louangeais les vins blancs du millésime alors dégusté, et mettais en garde mon lectorat quant à la piètre qualité des rouges issus du même millésime. Fort contrarié, le Président — neunon, pas son relationniste, mais bel et bien ZE Président ! — de l'interprofession me téléphona à la maison aux petites heures du matin, insistant sur le fait qu'un tel article risquait d'avoir un certain impact négatif sur la santé financière de la région et de ses artisans, qui y produisent 80% de vins rouges VS 20% de blancs. Longue discussion qui ne changea rien à ma vision du millésime ni au contenu de mon article. J'ai depuis croisé à maintes reprises cet homme, qui m'a confié — discrètement ! — avoir un immense respect envers le journaliste que j'étais compte tenu de l'intégrité dont j'avais fait preuve au moment de notre échange téléphonique.

Soit.

Constatez les aléas du métier, et les risques encourus lorsque l'on prône objectivité et intégrité...

La chronique vin représente une activité professionnelle extrêmement précaire pour la majorité de celles et ceux qui la pratiquent, avec rétribution généralement insignifiante, voire symbolique sinon totalement absente, souvent exercée en parallèle à la sommellerie, à la restauration, ou carrément à un job à temps plein qui n'a strictement rien à voir avec le vin.

Respect donc. Grand respect. Pour la vaste majorité du moins...

Conséquemment, tenant compte de tout ce qui précède, chroniqueuses et chroniqueurs vin se doivent-ils de commenter les vins à éviter ?

Non. D'abord pour le lectorat, l'auditoire.

Peuvent-il se permettre de le faire ?

Pour le bien-être de leur carrière, j'en doute.


Toujours un plaisir de vous lire !

Cordialement,
Stéphane

Stéphane Hébert

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